NICOLAS JEANJEAN

De Montpellier à Toulouse, et maintenant Paris, du Lycée à
Sport études, Nicolas Jeanjean a fait un parcours presque sans faute,
un parcours balisé par son obstination tranquille à franchir
chaque étapes qui le rapprochaient de sa passion : le rugby.
Vous dire ici, que tout s'est passé facilement, serait mentir. Combien
de sacrifices, d'incertitudes sur les choix que proposait l'avenir? Ils ont
été nombreux et il y en aura beaucoup, encore. Mais c'est sans
compter sur cette habitude (bonne ou mauvaise selon les uns ou les autres)
de s'accrocher quand tout est au plus difficile. Car Nicolas aime les situations
un peu dangereuses, celles qui donnent du sel à la vie, qui représentent
des défis durs à relever. Certes, il y a des jours où
l'on aimerait tomber un peu moins. Ce qui importe, au delà de tomber,
c'est se relever, grandir et chaque fois gagner en force. Ce (petit) bout
de chou de 25 ans possède plus de ressources que l'on imagine, plus
de force qu'il imagine parfois, où se mêlent obstination (voir
entêtement) et volonté.
D'une grande spontanéité, il est un vrai Taureau dans l'arêne,
il surprend, il s'étonne aussi. Il y a quelques années, cela
lui a valu le surnom de "cul-cul la percu". Tendance, naturelle,
à foncer et à réfléchir ensuite.
Son premier match en international (juste après être devenu champion
de France), c'était juin-juillet 2001 (il avait à peine 20 ans)
en Afrique du Sud contre les Springbocks. C'était sa première
"nomination" pour intégrer le XV de France. Photos pas si
lointaine où les journeaux, les revues, les télés n'avaient
que son nom dans la bouche.
LA FRAGILITÉ DES DIEUX
Arrivé à cette hauteur, souvent on ne sait pas qu'il reste encore
beaucoup de chemin à parcourir , chemin difficile et semé d'embûches
de toutes sortes. Des blessures physiques à celles de l'âme,
il faut les encaisser, les intégrer et s'en servir pour rebondir plus
haut. Ceux qui ne croient plus en lui se trompent, ceux qu'ils pensent que
tout est écrit ne connaissent rien à la littérature.
Comme les opinions varient, les gens brûlent les dieux qu'ils ont adorés...
Certains l'ont assassiné, ça volait bas ! Il n'y a pas que les
aigles dans le ciel, il y a aussi des bécasses.
Que s'est-il passé pendant plus d'une année réduit au
rôle (terrible) de remplaçant ? Est-ce le jeu ou son absence,
les sentiments et les émotions qui forgent (elles aussi) et calment
les blessures de l'âme ?
Alors qu'il arrivait en fin de contrat avec le Stade Toulousain, de nombreux
clubs lui on fait des propositions : Clermont Frerrand (ASM), Perpignan, Paris...
Il souhaitait conserver son poste d'arrière (15) malgré l'incertitude
d'une titularisation à ce poste, il resté là-bas, à
Toulouse, sur le banc. On peut se tromper ! Il faut se dire qu'une erreur bien assimilée devient une force ...
Depuis cette année, il a fini par prendre une autre voie, celle du Stade Français. Qu'il y soit bien accueilli, qu'il puisse s'y épanouir c'est ce que je lui souhaite de tout coeur.
APPRENDRE AVEC LE PASSÉ
Ce silence n'a pas été celui d'un agneau que l'on mènerait
au sacrifice. Depuis ... Il travaille à son retour et dans cette pénible
traversée du désert où l'on a l'impression de n'être
plus qu'une ombre écrasée au sol, une ombre écrasée
par un soleil passé.
Nicolas avance, n' ayant qu'un seul but : revenir se battre dans l'arène
pôur montrer de quoi il est capable, dans cette arène où
des milliers de gens pourront saluer ses victoires. Ce n'est pas une course
à la reconnaissance ni à la gloire, c'est une nouvelle étape
qu'il faut franchir. Arrive le temps de la maturité, celui où
l'on a un peu plus les pieds sur terre et un peu moins la tête dans
les étoiles. Tout, les muscles, l'esprit prend sa source dans le coeur
et dans l'émotion. Il a fallut quatre longues années pour le
découvrir. Il faut du temps pour se construire, malheureusement,
ce qui fait le plus cruellement défaut : le temps.



Bien qu'un peu bougon, Nico se lie facilement parce qu'il parle très bien, parce qu'il est (plus) brillant (qu'il ne le croit). Encore faut-il qu'il soit à l'aise, encore faut-il qu'il sorte de sa carapace. Même s'il aime bien qu'on le regarde... (pêché pardonné 1.000 fois tant il possède d'autres qualités) cependant il sa réserve naturelle est toujours là..